Bellator Paris: On y était (nous aussi)
Bellator Paris
Ce 6 Février 2022 à eu lieu le 2e événement Bellator à Paris, après celui du 10 octobre 2020. Ce dernier avait eu lieu en pleine période de COVID et marquait le premier événement de MMA organisé par une compagnie étrangère en France. Reconnu sous la fédération française de boxe, l'événement avait été organisé avec un gala de boxe. Nous avions déjà pris nos billets quand l'annonce d'une baisse de jauge de 5000 à 1000 personnes avait été annoncée, ce qui nous avait privé de l'expérience immersive d'un tel événement. Le premier Bellator avait été accompagné par son lot de malheurs, après la baisse du nombre de spectateurs, c'était l'ensemble des combats de boxe qui avaient été annulés, il n'y avait eu donc que 10 combats pour la soirée.
Si le MMA a pu grandir en France entre ces deux passages de l’organisation américaine, c’est principalement grâce à la mise en place de la Fédération de MMA française (FMMAF). Grâce à celle ci on a pu voir la mise d’un championnat de France amateur, qui a donné la possibilité aux pratiquants de se faire un palmarès, mais aussi aux différents gymnases et clubs de tester leurs combattants. De plus l’organisation française ARÈS, qui est en étroite collaboration avec l’UFC, a permis aux combattants français les plus aguerris de se faire un nom sur la scène nationale. C’est ainsi que sur la carte du Bellator on a pu retrouver quelques combattants ayant participé au premiers événements d’ARES.
Cependant en France seuls quelques combattants possèdent un réel statut de star, parmi eux, Cheick Kongo. L’un des pionniers de la discipline, et celui possédant le record le plus éloquent. En tant que tête d’affiche, il semble être le seul français au Bellator à pouvoir remplir une salle. En comparaison dans l’organisation numéro 1, l’UFC, seul Cyril Gane semble pouvoir le faire, et ce depuis son combat pour la ceinture contre Francis Ngannou. C’est pour cette raison que les deux passages du Bellator, dans la salle de Bercy, ont eu pour combat principal celui de Kongo. Seulement cette fois il s’agissait d’un combat pour la ceinture poids lourd du Bellator. Son premier combat à Paris en MMA contre Johnson s’était soldé par une défaite, même résultat pour cette soirée, nous y reviendrons plus tard dans l’article.
Concentrons nous d’abord sur les autres français de la carte. Si Lucie Bertaud, Yves Landu et Fabacary Diatta sont dans le même cas que la tête d’affiche, et ont déjà participer à un événement du Bellator à Paris, ce n’est pas le cas des 7 autres combattant de l’hexagone sur la carte.
Victor de Lima Verchere, Bourama Camara, Mathieu Letho Duclos, Youcef Ouabbas, Thibault Gouti, Gregory Babene et Davy Gallon
A l’exception du combat principal, aucun d’entre eux n’a déçu. En effet les combats engagés ont permis au public de se mettre rapidement dans le bain, malgré un grand nombre de combats allant jusqu’à la limite de temps. Mention spéciale pour Yves Landu et sa démonstration de hip-hop, ainsi qu'à Grégory Babene pour son message de fin de combat qui lui a fait gagner quelques followers.
Ce qui nous oblige à ouvrir une petite parenthèse concernant les juges. Si les différentes commissions aux États-Unis ont adoptés certaines règles, ou possèdent des juges et des arbitres d’expérience, cela ne semble pas être le cas en France. La question se pose, les juges sont ils comme les arbitres des itinérants du Bellator, ou sont ils choisi parmi les juges de boxes en France étant donné le peu d’expérience en MMA, discipline nouvelle de 2ans. Après le combat Soren Bak contre Charlie Leary, clairement dominé par le coin bleu, Leary, la décision est donné et c’est Bak qui est déclaré vainqueur, les juges semblent, depuis la salle, être influencé par les goûts du public. Lors d’un des combats de la soirée entre Diatta et Barton, c’est une décision partagée qui est donnée, malgré l’attachement particulier que nous avons avec Fabacary, cela nous semble complètement biaisé. Heureusement, la carte principale ne nous délivre que des finitions, exceptés pour le combat du titre, ce qui empêche les juges de bâcler leur travail.
Le public est principalement servi en terme de spectacle par les performances de Thibault Gouti, qui délivre un spectacle tout au long de son combat, par celle de Davy Gallon et enfin par l’énorme performance de Yoel Romero. Qualifié par beaucoup comme le combat de la soirée, le cubain démontre ses habilités physiques malgré son âge, ce qui rend la foule complètement folle. Cependant le combat entre Diatta et Barton selon nous correspond plus au combat de la soirée, plus technique, plus équilibré, plus spectaculaire.
Le combat principal entre les deux poids lourd n’a pas délivré. Une même technique de lutte répétée cinq fois, pour donner la victoire à l’Americain Ryan Bader. Un combat bien qualifié par Ariel Helwani de combat « le plus ennuyeux du week-end » (réf. au combat entre Namajunas et Esparza à l’UFC le lendemain). Toutefois, si cela peut être frustrant pour les spectateurs, les réactions du public étaient à géométrie variable. Lors du combat de Romero, le public était patient et à laissé le cubain faire monter la pression. Des simples feintes pouvaient être suivi de réactions, quand dans le combat de Bader la lutte était tout de suite huée. Les calculs de l’un étaient mieux accueillis que les amenée au sol de l’autre, qui était vu comme une fuite du combat. Une telle prestation dans l’Etat de naissance de Bader aurait-elle été reçue de la même manière ?
Il s’agissait de notre premier événement de MMA en présence, et ne nous a pas déçu. L’atmosphère de la salle, les réactions du public, mais aussi la proximité avec les combattants (Fabacary Diatta qui passe dans les gradins pour récupérer sa mère après son combat, salué par les spectateurs) nous a complètement convaincu.
D’après les réactions des dirigeants du Bellator, cet ensemble a aussi convaincu la compagnie de revenir, cependant, l’absence de grande star française après la défaite et ce qui semble être le dernier combat de Kongo, ne va pas précipiter le retour des américains. En ce qui concerne les fans, le show de l’UFC, programmé en Septembre prochain pour la rentrée, devrait les satisfaire. Avec la venue de grand nom et la possibilité pour quelques combattants locaux de faire parti de la plus grande organisation dans le domaine, on devrait voir un autre grand événement.
Entre temps aura lieu les ARES 6 et ARES 7 (avec le combat William Gomis contre Damien Lapilus, l'une des plus belle affiche selon nous depuis les débuts de l'ARES), qui devrait pouvoir fidéliser un public, suite à l’accord entre la chaîne L’Equipe TV (chaîne de la TNT et accessible pour tous les foyers) et la nouvelle organisation française de MMA.



