Summer body no need il y a les JO d'hiver

C'est l'hiver, et comme d'habitude on va rester à la maison le plus de temps possible. Mais bon, pas cette année ... Et c'est pas pour nous déplaire. En ce début de mois de Février, on se rend aux Jeux Olympiques, et on y est avant la cérémonie d'ouverture. Comme vous avez surement pu l'entendre ou le voir, 2026, Milan-Cortina, représente les Jeux les plus éparpillés de l'histoire des Jeux. Pour information entre Milan et Cortina faut compter au minimum 3 heures, et ça si vous êtes chanceux. 
Cette information est importante pour nous car ça nous a permis de choisir nos événements, et parmi ceux-ci on a choisi le curling. Ce sport qu'on a tous déjà vu plus d'une fois sur Eurosport, avec ces athlètes qui balayent. Et on a de la chance la compétition de curling a lieu à Cortina, on se retrouve dans une des deux villes principales. Et la magie des Jeux nous fait rencontrer un bon nombre d'athlètes dans les rues de la station (plutôt luxueuse), des officiels, et beaucoup de police. A un jour de la cérémonie, la ville semble encore en chantier vis-à-vis des Jeux. 
Une fois dans l'arène de curling construite à côté du circuit de bobsleigh, le public est présent et il est impossible de trouver nos places. Les officiels nous invitent à nous installer où nous trouvons de la place, rien de bien grave quand on se souvient qu'on avait malheureusement pris des places qui n'étaient pas les notre en 2024 pour le water-polo. La République Tchèque est sur la piste face à la Suède, et comme le monde est bien fait, nous sommes installés à côté de suédois. 
Une belle partie en terme général, et la possibilité de regarder l'ensemble des matchs de la matinée simultanément, aucun temps mort avec cette disposition. Cela semble devenir une habitude, l'équipe que nous supportons s'incline ... 
Comme nous l'avons expliqué ci-avant, ces jeux sont sur l'ensemble du territoire nord italien, et notre seconde épreuve se trouve à 1 heure dans la région du Trentain. Nous prenons la route le jour de la cérémonie d'ouverture, et cela semble avoir été la pire décision, puisque la cérémonie avait lieu dans chaque ville accueillant les jeux, et pour Cortina au vu de la disposition, l'événement semblait gratuit. 

Pas grave, notre focus est sur l'épreuve de Ski cross féminin, le skiathlon, le 10km + 10km, oui, lorsque je vous dis tout ça vous ne comprenez pas non plus. Le skiathlon est une épreuve d'endurance de ski coupée en deux parties, nous avons d'abord la partie classique, la partie ski du biathlon, avec une avancée en ski de manière parallèle, souvent sur des lignes prédéfinies. La deuxième partie est considérée comme freestyle, puisque les athlètes peuvent skier comme ils le souhaitent. En effet, la piste comporte des montées, des virages, des lignes droites, des descentes.   
Depuis l'an dernier nous avons appris à être spectateur de sport de fond, et comment vous dire ? Il s'agit de la meilleure expérience que nous avons vécu en terme de manifestation sportive. On vous explique, la piste est faite pour que les événements cruciaux puissent être visible pour le public, à différents endroits, les montées les plus dures, les virages les plus serrés mais aussi les parties de pic de vitesse, tout est visible selon la place que vous choisissez de garder sur le site. Le public est en mouvement selon la position des athlètes, ce qui donne aussi un certain dynamisme à la course. 
Nous suivions évidemment les skieuses tchèques et françaises, mais la star dans le public, au moment de l'annonce des coureuses, était Frida Karlsson. Et quelle prestation. Comme pour créer un élément de dramaturgie, elle reste au contact de la tête de la course pour les premiers 10 km classique. Avant de s'échapper suivi par sa compatriote Ebba Andersson et de la norvégienne Heidi Weng dès le départ du freestyle. C'est à ce moment qu'elle décide de monter en puissance, elle accélère et continue d'accélérer pendant les 10 km de freestyle, et même si on la savait tous gagnante avant les 5 derniers kilomètres, le public a continué de retenir son souffle jusqu'au dernier 50 mètres. Elle récupère le drapeau suédois, passe la ligne attend sa coéquipière, qui arrive 50 secondes après (ce qui est ENORME), et le moment est simplement magique. 
Pas de record olympique, puisque pour cette discipline qui inclut du freestyle et des parcours toujours différents, la performance de temps n'est pas comptabilisée dans les livres des records. Mais croyez-moi c'était digne de Kenenisa Bekele ou même d'Usain Bolt. 
Pour la petite anecdote, sur les images Eurosport et HBO, on peut voir un des membre de SBNN, nous vous laissons le soin de regarder, c'est avant la remise de la médaille. Aussi chez les hommes, la France a décroché la médaille de bronze dans une course frénétique qui s'est joué dans le dernier kilomètre. Une superbe aventure qui nous a permis d'apprécier un sport pas toujours couvert. 

Vous avez dû voir un moment de cette course, avec l'arrivée du représentant Haïtien pour ces Jeux d'hiver, qui cette année accueillent un bon nombre de nations que nous n'avons pas l'habitude de voir. Beaucoup d'athlètes, d'Europe ou d'Amérique du Nord, choisissent la nationalité de leurs parents. Ces derniers marquent l'histoire en devenant les premiers athlètes à concourir pour leurs pays, mais au-delà de cela ils permettent la création de fédération et donc d'emplois, et surtout la création de rêves. Ils autorisent l'ouverture du champ des possibles pour une génération qui suit, de la même manière qu'un Eddie The Eagle ou que l'équipe de Jamaïque à Calgary, ils donnent envie et permettent les bases d'une culture sportive. 
Effectivement, la culture sportive est l'élément qui rend la pratique intéressant et les résultats encore plus beaux. Si lors de notre court séjour en Italie, dans les montagnes nous avons vu plus d'une vingtaine de stade de football, nous n'avons vu qu'une piste de ski de fond. Comment cela est-il possible ? Pourquoi les autorités ne poussent pas au niveau national certains sports, en mettant en place des stages ou des cours obligatoires pour les sports d'hiver ? 
Certain diront que cela coûtent, comme ci l'installation d'une tribune ou d'un stade de football, avec plus de places que d'habitants dans la ville, était gratuite. La Jamaïque n'a raté que 2 JO depuis 88 en bobsleigh, et pourtant soyez certain, ils ne possèdent toujours pas de montagne. La couverture de ces sports est assez faible de la part des médias, et pourtant les différents partenaires sont souvent issus du haut de gamme ou du luxe. Un paradoxe. Comment expliquer que ces sports si peu promus et souvent très coûteux, réussissent à obtenir des contrats avec des marques prestigieuses, à produire des événements dans des stations onéreuses. Difficile pour nous de percer le mystère de l'économie des sports d'hiver, mais surtout difficile pour nous de comprendre le manque d'implication des autorités sportives et gouvernementales. De nos jours seuls quelques noms, souvent ceux qui ont gagné déjà plus de deux médailles olympiques, sont connus. Mis à part, les pays nordiques, qui possèdent cette culture, les différents sports d'hiver ne sont pas mis en avant, même des les pays alpins qui sont à la traîne dans de nombreuses épreuves malgré la présence d'installations plus que correctes. 


Articles les plus consultés